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Un guérisseur blanc de 12 ans met à mal les préjugés

Le cas de ce jeune homme n’est pas banal. Pas facile de se faire accepter dans un tel domaine quand on n’a pas, soi-disant, la couleur de l’emploi. De fait, une des deux communauté fait preuve de davantage d’ouverture d’esprit : je vous laisse deviner laquelle…

Dans tous les cas, c’est important de renverser les préjugés, c’est même parfois un vrai challenge tant les esprits sont étroits. Soyez là où on ne vous attend pas et faites fi des plafonds de verre et des langues de bois! Il faut toujours viser très haut, afin en cas d’échec, de rester haut !
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AFP / MUJAHID SAFODIEN

Il a 12 ans, des grelots aux chevilles et une jupe brodée de perles. Adolescent blond, Kyle danse pieds nus sur les rythmes endiablés de percussions: il officie comme «sangoma», médium et guérisseur traditionnel en Afrique du Sud, fait rarissime pour un Blanc dans ce pays.

«J’adore la danse parce que ça facilite le contact avec les ancêtres», explique Kyle Todd, jeune homme élancé à la voix douce.

Tout a commencé par des rêves prémonitoires. Au début, les parents de Kyle mettent ces «visions» sur le compte du temps qu’il passe devant le petit écran. Avant de changer d’avis.

«J’ai d’abord eu des visions. J’ai pensé que je faisais des rêves ou des cauchemars», raconte Kyle, qui affirme avoir prédit les attaques xénophobes qui ont secoué l’Afrique du Sud en avril 2015 et fait au moins 7 morts.

Les sangomas, très respectés par la population sud-africaine noire, sont consultés pour des maladies physiques et psychiques. Les adeptes de la médecine traditionnelle leur prêtent aussi des pouvoirs divinatoires. Il doit être «le sangoma blanc le plus jeune», estime Phephisile Maseko, coordinateur de l’Organisation sud-africaine des guérisseurs traditionnels, forte de 69’000 membres.

Un ado comme les autres

Chez lui, Kyle est un ado comme les autres, scotché à la télévision et aux jeux vidéo. Mais ce week-end, il a troqué sa console de jeux X-Box contre un petit bâton traditionnel, décoré de perles, et son jean et ses baskets pour une jupe multicolore.

A Mamelodi, un township de la banlieue de Pretoria où il consulte, il reçoit un couple de patients, inquiets notamment de leur avenir professionnel.

La femme jette à même le sol le contenu d’un petit sac en peau de bête: dés, coquillages, os et pièces. Assis sur un tapis en roseau dans une pièce remplie de bocaux de plantes, Kyle se lance immédiatement dans la lecture des objets, dictée par leur disposition.

Au terme d’une consultation de 30 minutes qui coûte 100 rands (6 euros), la patiente, Philda Demas, une Sud-Africaine noire de 51 ans, se dit satisfaite.

«Il était si fort», affirme-t-elle. «Les guérisseurs âgés ne disent pas tout, ils ont peur de dire toute la vérité, alors que les jeunes ne savent pas ce qu’ils doivent partager ou pas, ils vous disent tout ce qu’ils voient».

Lecture des os

Kyle assure ne pas avoir choisi de devenir sangoma. Il explique avoir pris conscience de ses pouvoirs il y a quelques années, en accompagnant chez un sangoma son père qui souffrait des reins.

Avant même de suivre une formation, Kyle était déjà capable de lire «avec précision» dans les os, affirme son mentor, Solly Mathebula, 36 ans.

L’an dernier, pendant plusieurs mois, il a suivi un enseignement «éreintant», selon Solly: jeûne, cours sur le pouvoir des plantes, longues marches dans la montagne…

Depuis qu’il est devenu officiellement guérisseur en 2014, sa popularité ne cesse de grandir, assure Solly: «Des gens m’appellent de toute l’Afrique du Sud et du monde» pour le consulter.

Quand Kyle rentre en vélo de l’école, des passants l’interpellent. «Ils me demandent si je peux lire leur avenir. Mais je leur dis que non, pas là maintenant».

Le jeune garçon ne reçoit cependant pas le même accueil enthousiaste dans son quartier à majorité blanche de Musina, dans le nord de l’Afrique du Sud, où il vit avec ses parents, son frère et sa soeur.

Des camarades de classe se moquent de lui. Il a même perdu des copains qui le soupçonnent de pouvoir les ensorceler. «La plupart de mes amis se sont détournés de moi», raconte-t-il.

«C’est difficile d’être dans une communauté qui ne comprend pas les sangomas», estime son père Mike Todd, crâne rasé et tee-shirt imprimé léopard. Les Blancs «pensent que les sangomas ensorcellent», ajoute ce mécanicien.

«Je traite essentiellement des Noirs, parce que la plupart des Blancs ne croient pas aux sangomas», constate Kyle.

Dans l’immédiat, l’adolescent consulte au cas par cas. Ses parents insistent pour qu’il termine sa scolarité et étudie la pharmacie et la science des plantes. Plus tard peut-être, selon son père, «il pourra combiner les deux». afp

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Cette entrée a été publiée le 28/12/2015 par dans Société, et est taguée , .

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