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Islamisme à Air France: Le vrai-faux des déclarations de Philippe Martinez, le patron de la CGT

C’est la faute des intégristes islamistes. Telle est, en substance, l’analyse livrée ce mercredi matin au micro de France Info par le secrétaire général de la CGT sur la défaite de son syndicat aux élections professionnelles à Air France en mars dernier. Philippe Martinez a justifié cette débâcle par la réaction ferme de la CGT face aux intégristes islamistes : « on a viré ce genre d’individus ». Un coup de balai « assumé » qui selon lui « aurait fait perdre 500 syndiqués à la confédération » et « coûté [à la CGT] la première place » aux élections. La compagnie aérienne serait-elle gangrenée par des personnels radicalisés ? Le coup de balai de la CGT lui a-t-il vraiment fait perdre les élections professionnelles ? 20 Minutes passe au crible les déclarations de Philippe Martinez.

CGT

Exclure les intégristes islamistes « nous a coûté la première place » à Air France 

La CGT Air France a viré des membres radicalisés et perdu 500 adhérents.

FAUX et VRAI. « Depuis des années, nos camarades de la RATP, d’Air France aussi, ont dénoncé des dérives. A Air France on les a exclus de la CGT », a déclaré mercredi Philippe Martinez. Résultat des courses, « on a perdu 500 syndiqués dans l’affaire. Ils n’étaient pas tous radicaux. (…) On parle d’intégristes islamistes », a-t-il exposé, avant de spécifier que cela ne concernait que « très peu d’individus ». Une analyse floue qui sème le trouble.

« Il ne s’agit pas tant de radicalisme que de communautarisme, ce n’est pas la même chose », explique Ronald Noirot, secrétaire général de la CFE-CGC Air France, le syndicat majoritaire. Comme la CGT, « nous dénonçons depuis plusieurs années les risques de dérives », poursuit-il. « Mais seuls quelques militants ont été évacués dans cette opération de « nettoyage », pas 500 », ajoute-t-il, reconnaissant toutefois « l’effort » fait par le syndicat concurrent. « Peut-être s’agit-il de 500 voix perdues pour les élections ? », s’interroge-t-il.

Du côté de la CGT, l’heure est au rétropédalage. « Nous avons, en décembre 2013, retiré leur mandat syndical à des représentants de la CGT, qui étaient devenus des sortes de porte-parole de la direction d’Air France au lieu de défendre l’intérêt des salariés. Il ne s’agissait pas d’islamistes radicaux », intervient Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. « Ces problèmes internes ont progressivement entraîné le départ de 500 adhérents et nous ont au total coûté 1.000 voix aux élections », détaille-t-il.

Ce coup de balai a coûté à la CGT la première place aux élections professionnelles d’Air France.

VRAI et FAUX. Lors des élections professionnelles d’Air France en mars dernier, la CGT a atteint 14,26 % des voix, accusant un recul de près de 4 points par rapport aux précédentes élections de 2011. C’est la CFE-CGC qui est arrivée en tête, avec 18,11 % des voix. « La CGT est en perte de vitesse depuis un bon moment », estime Jean-Pierre Bernasse, membre du SNMSAC Air France et employé depuis 35 ans de l’entreprise, où le personnel est regroupé au sein de 7 comités d’entreprise (CE). « Au CE Industriel, la CGT a perdu depuis longtemps sa place de numéro 1 », illustre-t-il, « bien avant les événements des derniers mois. Là, Philippe Martinez nous sort une histoire de son chapeau pour justifier l’échec de la CGT », déclare le délégué syndical.

« L’analyse de Philippe Martinez est assez simpliste », juge Ronald Noirot. « Expliquer sa défaite en présentant la CGT comme le chevalier blanc qui a fait le ménage est faux. Il y a plein d’autres raisons à sa raclée électorale », tacle-t-il. « Ce n’est pas ce qu’il a voulu dire, trop de raccourcis ont été faits », défend Miguel Fortea, qui a parlé ce mercredi avec Philippe Martinez. « Lorsque nous nous sommes séparés de certains représentants en 2013, nous savions qu’à 15 mois des élections professionnelles, on y laisserait des plumes ».

Des dérives intégristes ont été constatées.

DIFFICILE A DIRE. Identifier les individus radicalisés au sein d’une entreprise n’est pas chose aisée, mais après les attentats de Paris, la vigilance est de mise. « Nous avons relevé des comportements qui posent problème. Certains collaborateurs ont refusé de serrer la main de leur chef de service parce que c’est une femme. Du côté de l’activité fret de l’entreprise, certains manipulateurs ont refusé de charger des containers dans lesquels se trouvait de l’alcool », raconte Ronald Noirot. « Ce ne sont pas nécessairement des cas de radicalisation, mais on est en droit de se poser des questions ».

« Si jamais nous constations des cas de radicalisation, nous n’hésiterions pas à les dénoncer aux autorités compétentes », assure Miguel Fortea.

Contacté par 20 Minutes, Air France se refuse à tout commentaire.

http://www.20minutes.fr/

Si virer des islamistes fait perdre des adhérents, pourquoi avoir des regrets ?

 

 

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Cette entrée a été publiée le 02/12/2015 par dans Société, et est taguée , , , , , .

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