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Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais

Dans les DOM, l’activité et l’emploi stagnent depuis dix ans

imageAu cours de la dernière décennie, les taux d’activité et d’emploi sont restés relativement stables dans les DOM. Le taux de chômage a été plus fluctuant, notamment en Guyane et à La Réunion. Les facteurs favorisant les transitions entre l’emploi, le chômage et l’inactivité ont évolué. Les 50 ans et plus ont été plus protégés de la perte d’emploi lors des mouvements sociaux de 2009 et l’âge n’est plus un facteur discriminant pour l’accession à l’emploi depuis 2006.

En 2013, dans les départements d’outre-mer (DOM), seulement une personne sur deux, âgée de 15 ans et plus, est en activité. En Guadeloupe, le taux d’activité est relativement stable depuis 2001 et oscille en permanence autour de la moyenne observée sur la période. En Martinique, après avoir été au plus bas de 2005 à 2010, il s’est redressé pour dépasser légèrement le niveau observé au début des années 2000. En Guyane, le taux d’activité a également baissé, mais au contraire de la Martinique, il n’a pas retrouvé son niveau de 2001 (56,4 %). Á La Réunion, le taux d’activité est supérieur à ceux observés les années précédentes.

Un taux d’activité féminin en hausse sauf en Guyane

Dans les DOM, comme en France métropolitaine, le taux d’activité des hommes est systématiquement plus fort que celui des femmes. Néanmoins, de 2001 à 2013, le taux d’activité des Réunionnaises a augmenté de 5,4 points ( 49,1 % en 2013) quand il augmentait de 3,3 points en Guadeloupe (49,6 % en 2013) et de 3,9 points en Martinique (52,6 % en 2013). En revanche, l’activité des femmes n’a quasiment pas évolué en Guyane (48,4 % en 2013). Toutefois, cette stagnation est à mettre en parallèle avec la très forte baisse de 65 % en 2001 à 58,8 % en 2013 du taux d’activité des hommes. Sur la même période, le taux d’activité baisse en Martinique (– 2,5 points). Il atteint 53,8 % en 2013 quand il est resté stable en Guadeloupe (56,5 %) et à La Réunion (61,3 %).

Le diplôme est le facteur le plus discriminant pour devenir actif. Ainsi en 2013 dans les DOM, les diplômés universitaires sont entre deux et trois fois plus souvent actifs que les personnes sans diplôme. Par ailleurs, plus le niveau de diplôme est élevé, plus le taux d’activité est important. Si les effets du diplôme ont peu évolué à La Réunion depuis 2005, y compris pour les non diplômés, la situation est très différente dans les départements français d’Amérique (DFA) où leur taux d’activité a fortement baissé (– 15 points en Guyane, – 18 points en Guadeloupe et en Martinique).

Un taux de chômage très élevé dans les DOM depuis plus de dix ans

En 2013, les taux de chômage à La Réunion et en Guadeloupe atteignent respectivement 29,0 % et 26,1 %. Bien que plus faibles, ceux de la Martinique (22,8 %) et de la Guyane (21,3 %) restent largement au-dessus de celui de Métropole (10 %). De 2001 à 2013, le taux de chômage est resté relativement stable à La Réunion et en Martinique. En Guyane, après avoir augmenté jusqu’en 2006, le taux de chômage a fortement baissé en 2007 (– 7 points) pour se stabiliser autour de 21 %. La Guadeloupe a vu, quant à elle, son taux légèrement augmenter (+ 2,3 points) au cours de la même période.

Les inégalités entre hommes et femmes face au chômage se réduisent

Au début des années 2000, les femmes se retrouvaient plus souvent au chômage que les hommes. En 2013, la situation s’est totalement équilibrée en Martinique et s’est fortement resserrée à La Réunion (1,4 point en 2013 contre 4,7 en 2001). En Guadeloupe, l’écart reste important en 2013 (4,5 points) par rapport à 2001 (6 points). Seule la Guyane a creusé l’écart depuis 10 ans pour atteindre 9,6 points en 2013.

Dans les DOM, les jeunes restent largement plus touchés par le chômage que leurs aînés. En 2013, près de 70 % des Martiniquais de moins 25 ans sont au chômage et près de 60 % à La Réunion et en Guadeloupe. La Guyane est ainsi le DOM où les jeunes accèdent relativement plus facilement à l’emploi avec un taux inférieur à 50 %. Inversement, les 50 ans et plus sont plus rarement au chômage. Cela s’explique par leur basculement plus fréquent vers l’inactivité par rapport aux plus jeunes qui continuent plus souvent à faire des démarches visant à trouver un emploi.

La Réunion, seul DOM dans lequel le taux d’emploi a légèrement progressé

En 2013, la Guyane est le DOM dont le taux d’emploi est le plus élevé (42 %) juste devant la Martinique quand la Guadeloupe et La Réunion restent légèrement en dessous des 40 %. Depuis 2001, le taux d’emploi n’a pas fortement varié dans les DFA. Seule La Réunion a connu une augmentation de 2,7 points sur cette période, le point haut du taux d’emploi a été atteint en 2008 (40 %) pour se stabiliser autour de 39 % les années suivant la crise de 2009. Les DFA n’ont pas enregistré de pic en 2008, le pic du taux d’emploi en Guyane a été atteint en 2010 (43,2 %).

La poursuite des études et les difficultés à obtenir un emploi, expliquent les taux très bas des moins de 25 ans entre 2001 et 2013 ; autour de 10 % dans chaque DFA et de 14 % à La Réunion. L’écart entre La Réunion et les DFA s’explique par des taux de scolarisation des moins de 25 ans supérieurs dans les DFA (autour de 70 %) à ceux de La Réunion (58,5 %). Pour les individus âgés de 50 à 65 ans, les taux d’emploi progressent dans chaque DOM pour atteindre, en 2013, 56,3 % en Guadeloupe, 55,5 % en Martinique et 56,9 % en Guyane. Même si la progression est encore plus forte à La Réunion, le taux d’emploi des 50-64 ans ne dépasse pas 45,3 %.

Au début des années 2000, l’écart entre les taux d’emploi des hommes et des femmes était de 9 points en Martinique, de 11 points en Guadeloupe, de 14 points à La Réunion et même de 17 points en Guyane. Si depuis 10 ans, les écarts se resserrent dans chaque DOM, seule la Martinique a réussi à combler cet écart. Elle a quasiment atteint la parité en 2013, résultat d’une baisse des taux d’emploi des hommes couplée à une hausse de celui des femmes. La Guadeloupe semble suivre la même tendance mais les écarts restent conséquents, 6,7 points en 2012 et 7,5 points en 2013. La Guyane, quant à elle, ne voit l’écart diminuer que faiblement avec une très faible baisse conjointe des taux d’emploi des hommes et des femmes. A La Réunion, le rétrécissement de cet écart est essentiellement dû à la hausse du taux d’emploi des femmes (+ 5,1 points) qui atteint 34,5 % en 2013 quand celui des hommes reste au même niveau en 2013 qu’au début des années 2000 (44 %).

INSEE

70 % des Martiniquais de moins 25 ans sont au chômage et près de 60 % à La Réunion et en Guadeloupe.

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Cette entrée a été publiée le 13/05/2015 par dans Economie, et est taguée , , , , , , , , .

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