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Formation des étudiants infirmiers : la violence des encadrants

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Màj du 27 mars 2015

Suite à la publication de cet article, des étudiants ont contacté le COLLECTIFDOM pour faire part de la violence de certains encadrants et encadrantes. Violence verbale, psychologique. Ils nous ont fait part de la discrimination en raison des origines, de l’âge, de la religion dont ils ont été victimes ou témoins. Certains témoignent Même de la connaissance de suicides… Mais tous sont en souffrance. Le COLLECTIFDOM veillera à apporter toute l’aide nécessaire à ces étudiants qui, avant même de pouvoir nous soigner, sont eux-même blessés par un système destructeur et générateur de souffrance au travail. Un comble tout de même !

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Les étudiants infirmiers jugent violente la relation avec les encadrants

Suite à une enquête qui a obtenu près de 3 500 réponses*, la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) réclame une réforme de la gouvernance des instituts de formation qui accorde plus de place à l’étudiant et davantage de moyens pour les tuteurs de stage.

Selon une enquête effectuée en novembre et décembre dernier, 44,61 % des étudiants sont d’accord avec l’affirmation « la formation est vécue comme violente dans la relation avec les équipes encadrantes ».
« Ce constat est d’autant plus alarmant concernant la relation aux équipes encadrantes en stage : les étudiants sont cette fois une large majorité (85,39 %) à la qualifier de violente », note la FNESI.

Les types de violences décrites par les étudiants concernés se déclinent en 3 niveaux : défaut d’encadrement (39 %), jugement de valeur (30 %), difficultés d’intégration (27 %), rejet de la part de l’encadrement (24%) et harcèlement(7 %). « Selon notre enquête, ajoute la FNESI, 41 % des étudiants pensent “parfois” et “régulièrement” à arrêter leur formation. Les “pressions en stage” arrivent en tête des motifs qui poussent les étudiants à arrêter leur formation (29%) ».

Témoignage : « Combien de fois encore devrais-je ravaler mes larmes et mettre ma dignité dans ma poche? Combien de nuits d’insomnie et de journées passées avec la boule au ventre m’attendent encore? J’ai 30 ans, je suis en troisième année et je suis épuisée par la violence qui nous est infligée. »

Chiffres alarmants : 12 % des étudiant peuvent témoigner de cas de suicides dans leur IFSI et 7 % des étudiants (9% chez les étudiants en 3ème année) ont pensé à mettre fin à leurs jours durant leur formation. Le chiffre atteint les 11% chez les 23-25 ans.

Valoriser le rôle des tuteurs pour un meilleur encadrement

« Il est donc clair qu’on ne donne pas aux professionnels les moyens d’encadrer les étudiants, dans un contexte déjà difficile pour les équipes soignantes (réduction des effectifs, manque de moyens matériels, demande de flexibilité, etc.) », en déduit la FNESI qui met en cause l’accueil du stagiaire, son suivi, l’intégration à l’équipe,..

Témoignage : « L’une de mes deux tutrices se montrait souvent odieuse avec moi et j’ai surpris des moqueries dans mon dos à plusieurs reprises. Victime de mépris et d’injustice en stage pour la première fois, je pense sérieusement à mettre un terme à ma formation à 6 mois du diplôme. »

En outre, 71,15 % des étudiants interrogés affirment que leurs bilans de stages ne sont pas systématiquement remplis en leur présence. La FNESI milite pour « une formation harmonisée, diplômante, pour une meilleure qualité d’encadrement et d’évaluation et surtout pour une valorisation du rôle de tuteur/trice » et « porte le projet d’une plate-forme publique d’évaluation des stages qui permettrait à chacun d’évaluer la politique d’accueil et de formation des étudiants ».

Un fonctionnement peu démocratique en IFSI

Les répondants sont 45,62 % à décrire la formation comme violente dans leur relation à l’équipe encadrante de l’IFSI. Parmi les étudiants ayant déjà pensé à arrêter leur formation, 21 % l’auraient fait en raison de « pressions à l’IFSI » et 14 % en lien avec des « difficultés pédagogiques ».

Témoignage : « On aimerait prendre la parole, dénoncer tout ce qui se passe, et permettre aux promotions suivantes de ne pas vivre ce que nous vivons, mais comme nous souhaitons avoir notre diplôme, nous nous taisons et souffrons en silence. »

Les étudiants sont par ailleurs 39,61 % à dire ne pas pouvoir s’exprimer librement dans leur IFSI et 39,90 % à penser que le fonctionnement de leur IFSI n’est pas démocratique. « Et pourtant, n’élisent-ils pas des représentant-e-s pour porter leur voix dans les conseils de leur IFSI ? », s’interroge la fédération.
Mais « 67% des instituts ne proposent pas de réunion préparatoire au conseil pédagogique entre les élus étudiants, un compte rendu du conseil de la vie étudiante est étudié dans seulement 40 % des conseils pédagogiques et le compte-rendu du conseil pédagogique est transmis dans 69 % des cas avec un délai allant jusqu’à 8 mois », remarque la FNESI.
Enfin, « les représentants étudiants ne sont pas sollicités dans 40 % des cas en amont des conseils pédagogiques sur les questions relatives à l’ordre du jour. Au final, plus de la moitié (57,85%) des étudiants pensent ne pas être des partenaires à part entière dans l’organisation et dans le fonctionnement de leur IFSI », souligne la fédération.

Pour une réforme de la gouvernance des IFSI

Pour la FNESI, cela appelle une réforme de la gouvernance des instituts de formation paramédicaux – qu’elle ne cesse de réclamer – pour « placer l’étudiant au centre de sa formation », l’objectif étant de « former des professionnels responsables, autonomes et réflexifs ».
« En novembre dernier, alors qu’aucune avancée notable n’avait été effectuée, la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, intervenant dans une allocution audiovisuelle lors du 14econgrès de la Fnesi, s’était une nouvelle fois engagée à une réforme de la gouvernance des instituts de formation paramédicaux “qui devrait s’inspirer du modèle de démocratie présent dans les universités” », rapporte-t-elle.

« Force est de constater, poursuit la FNESI, que l’étudiant n’est pas encore écouté et entendu dans un bon nombre d’instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi), déplore-t-elle. La place laissée à la représentation étudiante dans les Ifsi est au bon vouloir d’une direction calquée sur une gouvernance hospitalière, où le seul décisionnaire reste le directeur. »

Un modèle : celui de l’université

Si des représentants des étudiants siègent bien dans les conseils des Ifsi, « en pratique, le rôle et la place des élus (…) dans la gouvernance des instituts de formation paramédicaux ne sont pas reconnus ni dans le fond ni dans la forme », considère la Fnesi qui prend pour modèle le « réel partenariat » qui existe à l’université avec l’étudiant.
« Les conseils sont tous décisionnels et les étudiants agissent sur tout ce qui touche de près ou de loin à la vie de l’université, du budget aux effectifs, des modalités de contrôle de connaissance à la pédagogie », écrit-elle.
Et de conclure : « Une réforme de la gouvernance sur un modèle universitaire permettra aux étudiants de devenir réellement acteurs de leur formation, en agissant sur l’ensemble du fonctionnement de leur institut dans une véritable logique d’empowerment de la profession. »

Cyrienne Clerc (source FNESI)

*Sur ces 3 486 répondants, 3 247 se sont déclarés « étudiants en soins infirmiers » et 35 « anciens étudiants infirmiers ayant arrêté leur formation ». Seules ces 3 282 réponses ont finalement été prises en compte.

Un commentaire sur “Formation des étudiants infirmiers : la violence des encadrants

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Cette entrée a été publiée le 26/03/2015 par dans Société, et est taguée , , , , , , .

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