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Prise d’otages de Vincennes : Lassana Bathily l’employé qui a caché les clients, témoigne

Lassana Bathily, employé de l’épicerie Hyper Cacher dans laquelle a lieu la prise d’otages vendredi, a caché plusieurs personnes après l’arrivée d’Amédy Coulibaly dans le magasin. Ce musulman pratiquant a raconté à BFMTV comment il a aidé la police. « On est des frères. Ce n’est pas une question de juifs, de chrétiens ou de musulmans.

L’assaut final vient d’être donné Porte de Vincennes ce vendredi en fin d’après-midi. Les otages s’échappent enfin de l’épicerie Hyper Cacher où Amédy Coulibaly les retenait porte de Vincennes. Ils viennent probablement de vivre les heures les plus effrayantes de leur vie. Quatre personnes ont été exécutées sous leurs yeux en début d’après-midi.

Quand le jihadiste a fait irruption dans le magasin, autour de 13 heures, certains ont eu la chance de croiser Lassana Bathily. Cet employé de 24 ans décide aussitôt de cacher « 15 à 20 » personnes selon lui, dans le sous-sol du magasin. Il prendra ensuite la décision de s’échapper.

« On est des frères »

Le magasinier a tout fait pour aider les clients du magasin dans lequel il affirme travailler depuis presque quatre ans.

« Je suis musulman, pratiquant. J’ai déjà fait mes prières dans ce magasin, dans la réserve. Et oui, j’ai aidé des juifs. On est des frères. Ce n’est pas une question de juifs, de chrétiens ou de musulmans. On est tous dans le même bateau, il faut qu’on s’aide pour sortir de cette crise« , explique-t-il simplement.

BFMtv

 

Depuis hier, Lassana Bathily a un emploi du temps de ministre. De médias en médias, il ne cesse de raconter la même histoire, celle qui relate son acte héroïque lors de la prise d’otage de l’épicerie casher de Porte de Vincennes.

« Je n’en peux plus, je suis très fatigué, ce soir c’est un autre média français, demain j’ai rendez-vous avec les journalistes maliens… » confesse t-il. Le Malien de 24 ans employé du supermarché Hypercasher, où a eu lieu l’attentat perpétré par Amedy Coulibaly vendredi 9 janvier, est pourtant l’un des héros de la prise d’otage de Porte de Vincennes.

« Si l’autre m’avait vu, j’étais mort »

« Lorsque l’autre [Amedy Coulibaly, c’est en ces termes qu’il le nomme NDLR] est rentré dans le magasin, des gens sont descendus en courant au sous-sol disant qu’il y avait un fou armé. Je me suis dit que la seule issue était de nous cacher dans le congélateur, alors je l’ai éteint et ai fait rentrer tout le monde » raconte t-il .

Lassana Bathily explique qu’il a tenté de convaincre les otages avec lui de sortir « mais beaucoup avaient la frousse ; alors moi j’ai pris le risque de sortir, car je connaissais les issues de secours, et j’ai réussi à prendre un monte-charge pour sortir… mais si l’autre m’avait vu, j’étais mort »

Sans papier pendant plusieurs années

Originaire du village de Samba Dramané, dans la province de Kayes au Mali, Lassana Bathily confesse que tout n’a pas été facile pour lui. « Je suis arrivé à 16 ans en France, en 2006, pour rejoindre mon père. Ma mère n’a jamais pu nous rejoindre, elle est actuellement toujours au Mali » explique t-il.

Après des « cours de remise à niveau », c’est une traversée du désert de 4 ans pour Lassana avant d’obtenir des papiers. « ça a été très dur, en terme de travail, et même pour s’insérer dans la société française ».

C’est grâce à un foyer de travailleurs migrants Saint Just dans le 17ème arrondissement parisien que Lassana Bathily parvient à s’en sortir. « On était plusieurs Maliens, raconte Dramane Kouyaté, son ami, on s’entraidait comme une même famille, ceux qui pouvaient apportaient un peu d’argent, et on arrivait à survivre comme ça ».

Lassana Bathily obtient finalement ses papiers en 2011. « J’ai trouvé du travail un mois après dans la restauration, raconte-t il, puis après ce premier contrat, on m’a embauché dans cette épicerie casher où je travaille depuis bientôt quatre ans ».

Dans cette épicerie casher où il sert des clients juifs, le Malien musulman se sent comme un poisson dans l’eau. « On ne m’a jamais fait aucune remarque sur ma religion, ça a été comme une deuxième famille pour moi ».

Si son interview sur les médias français ne dure que quinze secondes, les internautes n’ont pas manqué l’acte héroïque de Lassana Bathély : une page Facebook a été ouverte dans la journée et a récolté en quelques heures plus de 5000 « j’aime ». Certains appellent même à ce que le jeune Malien obtienne la nationalité française, voire même la légion d’honneur et un hashtag #UneMedaillePourLassana circule sur Twitter

France 24

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Cette entrée a été publiée le 11/01/2015 par dans Faits-divers, Politique, Société, et est taguée , , , , .

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