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Il y a 50 ans, le Bumidom

Génération Bumidom : Un film sur l’exil et le malaise ultramarin

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Infrarouge: BUMIDOM – Des français venus d’Outre Mer

BUMIDOM – L’avenir est ailleurs

Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer

Le Bumidom a été créé en 1963 par Michel Debré à la suite d’un voyage effectué à La Réunion en 1959 avec le général de Gaulle. Le Bumidom est placé sous la tutelle du ministère des DOM-TOM et du ministère de l’Économie. Ses missions sont multiples : information des futurs migrants, formation professionnelle, regroupement familial, gestion des centres d’accueil.

Selon Alphonse Técher, le Bumidom a organisé la venue en métropole de 70 615 personnes entre sa création et décembre 1981. Cela représente 44,7 % d’un total de 157 000 migrants venus d’outre-mer s’installer en France métropolitaine durant cette période, les autres se déplaçant dans le cadre de leur service militaire, d’une mutation de la fonction publique ou d’une migration plus spontanée.

La politique migratoire du Bumidom n’a pas concerné les ressortissants de la Guyane, celle-ci ne connaissant pas les problèmes de surpopulation constatée dans les autres principaux départements d’outre-mer. La Guadeloupe et la Martinique ont émis respectivement 16 562 migrants et 16 580 migrants durant la période citée ci-dessus. La Réunion en a émis 37 473, soit plus de la moitié du total.

D’une façon générale, l’émigration organisée par le Bumidom n’a d’abord été qu’une émigration de travail. Mais avec la multiplication des procédures de regroupement familial, l’émigration organisée par le Bumidom devient au début des années 1970 une migration de peuplement.

Beaucoup pensent que l’époque du Bumidom fut celle du remplacement dans les Dom des migrants par des Métropolitains à qui on assurait une prospérité dans ces colonies vidées de leur force de travail. Par ailleurs nombre de propagandes dans les différents ports proposaient à ceux qui recherchaient du travail, l’exotisme et tous les avantages liés aux conditions de vie sur place. La réalité est plus subtile : les profils de ceux qui partaient par le Bumidom ne correspondaient pas à ceux qui entraient dans les DOM pour y travailler. Ces derniers étaient en outre beaucoup moins nombreux.

En même temps, quel que soit le niveau d’instruction des migrants, ils furent embauchés à des tâches subalternes devant prouver que leur niveau était au-dessus de leur apparence, d’autres se firent happer par la pègre (énormément d’histoires de drogue et de prostitution, de disparitions…). Ce racisme sous-jacent contribua à un enfermement psychologique de ces gens qui ne pouvaient plus exister pour ce qu’ils étaient vraiment.

Le Bumidom a été remplacé par l’Agence nationale pour l’insertion et la promotion des travailleurs d’outre-mer en 1982, à la suite de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Entre temps, il a procédé au déplacement de milliers de personnes vers Paris et la province française. Certaines personnes disent que les conditions d’accueil des migrants n’étaient pas celles qui leur avaient été présentées lors de leur départ.

Le programme mis en place par Michel Debré pour contribuer au repeuplement de la Creuse par l’immigration d’enfants réunionnais en échange de promesses d’avenir qui a depuis fait scandale a été porté par le Bumidom. Cette affaire est connue sous le nom des enfants de la Creuse. De 1963 à 1982, 1 630 enfants réunionnais ont été arrachés à leur île natale et envoyés, pour la plupart, dans la Creuse et en Lozère. Le scandale éclate le 30 janvier 2002, lorsque Jean-Jacques Martial, un Réunionnais exilé en 1966, dépose plainte pour « enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation ».

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Cette entrée a été publiée le 20/12/2013 par dans Société, et est taguée , , , , .

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