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Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais

Nous sommes consternés !

Oui, nous sommes consternés !

Au lendemain de la commémoration où le Président de la République, M. François Hollande milite pour une « paix des mémoires réconciliées », Mme Taubira déclare « Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières » ; « Aux Antilles, c’est surtout les descendants des « maîtres » qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre. »

Mme Taubira déclare préférer ne pas s’exprimer sur la réparation financière… Nous l’avons échappé belle !

Ah là, il est beau le vivre ensemble, elle est belle la mémoire réconciliée !

Quand le COLLECTIFDOM réclamait d’autres types de « réparations » concernant notamment la vie de tous les jours, nous ne pensions pas redistribution des terres comme en Afrique du sud, au Zimbabwe ou en Amérique du sud avec les succès que l’on connait.

Nous ne concevons pas que ces français descendant d’ancêtres ayant subit l’esclavage, se lèvent tous les matins en pensant remembrement des terres ! Ils ont, nous semble-t-il, les mêmes préoccupations que tous les français, accentué par l’insularité, pour ceux qui vivent en Outre-mer.

Les Noirs africains déportés, n’ont pas été les seuls à subir l’esclavage. L’esclavage a toujours existé et l’exploitation de l’homme par l’homme a largement cours dans le monde d’aujourd’hui. Les blancs européens ont rendus esclaves d’autres blancs. Certains peuples en porte encore le nom : les Slaves, qui étaient réduits en esclavage par des Européens comme eux.

Les Noirs africains déportés ne sont pas les seuls à avoir travaillé pour enrichir leur propriétaire : les serfs étaient exploités de la même façon : hommes, femmes et enfants travaillaient dans des conditions très dures. Les seigneurs avaient le droit de cuissage, donc le droit de viol sur les femmes. Alors que le fruit de leur travail ne leur rapportait rien ils en payaient l’impôt.

Qu’elle est la différence avec la Traite négrière ? Ces déportés Noirs africains puis créoles, ont été dépouillés de leur humanité : ce n’étaient plus des hommes, des femmes, des enfants, mais des choses sans âme corvéables à merci avec la bénédiction de l’Eglise ayant vu en Cham la caution de ce crime. Véritable bêtes de somme résistantes et dur au mal !

Cela fait toute la différence et elle est de taille.

Cela a façonné les esprits,  a permis la « classification des races » mettant le Nègre au bas de l’échelle et le Blanc tout en haut. Laissant parfois encore, planer le doute sur les  capacités du Noir autres que des capacités physiques.

Cette situation a laissé des séquelles  de nos jours : Racisme, idées préconçues, préjugés, mépris. L’affiche de Mme Taubira la représentant en femelle gorille tout juste après Mme Cécile Kyenge traitée de « Guenon congolaise », sont l’exemple même de ce genre de mode de pensée. Les deux sont taxées d’incompétence… qu’elles n’auraient pas si elles étaient sur une piste de course ou de danse ou encore, un chiffon à la main !

Cela a généré pour certain(e)s des descendant(e)s, un manque cruel de confiance en soi, que le racisme et la discrimination viennent encore renforcer. Agissant pour démontrer à l’autre qu’ils sont capables voire qu’ils peuvent faire mieux ou alors renonçant car ils pensent que ce n’est pas pour eux. Empêchant parfois, de prendre son propre destin en main.

Alors nous ne pensons pas que c’est en redistribuant des terres que cela changera cette blessure, ce mal profond.

Nina Simone, militante, pianiste virtuose, toute sa vie s’est demandé si elle n’avait pas été acceptée à l’entrée de la Juilliard School of Music de New York  parce qu’elle avait mal joué ou parce qu’elle était noire. Elle était la seule candidate noire sur 800 postulant(e)s. Elle a gardé ce doute toute sa vie et est morte en 2003 sans en avoir la réponse. Cela, combien l’ont déjà vécu ?

C’est contre ce doute que tous, nous devons lutter.

Il  ne pourra être levé que par une action véritable de l’Etat dans la lutte contre le racisme et les discriminations. Il ne faut pas qu’il renonce à son action pour effacer le mot « race » de la Constitution. Mais par pitié, pas pour le remplacer par le mot ethnie !

Il faut une véritable condamnation du racisme et arrêter de dire aux victimes « Vous êtes sûr(e) que c’est du racisme ? ». Dans l’affaire merah, nous avions été outrés de savoir que la première des choses recherchée, avait été de savoir si ces officiers de l’armée française étaient des trafiquants de drogue… Ces victimes françaises étant d’origine arabe et antillaise.

C’est ce genre de situation qui est difficile à faire comprendre aux français qui ne subissent pas de discrimination en raison des origines ou de la couleur de la peau et cela vient s’ajouter à tout le reste !

Il est indispensable de traiter tous les racismes et discriminations de la même manière, pas de hiérarchie.

C’est pour l’avenir de la France à construire tous ensembles que nous devons travailler. C’est contre les préjugés qui ont la vie dure dans ce pays qu’il faut s’acharner. C’est à l’assaut des bastions réservés qu’il faut aller. C’est vers plus de représentativité qu’il faut oeuvrer.

Tout ne peut se régler de manière matérielle.

Et il en faut du courage et de la solidarité et ne jamais baisser ni les bras, ni la garde… Le terrain est miné et semé d’embûches ! Mais chacun doit y travailler, en politique, en associatif, à titre individuel, et avec la jeunesse.

R Privat

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Cette entrée a été publiée le 12/05/2013 par dans Politique, Société, et est taguée , , , , .

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