Claudy Elisor, 33 ans, père de famille passé à tabac à coups de barres de fer, coups de poing américain et de chaise, au Blanc-Mesnil durant la nuit de la Saint-Sylvestre est mort pour rien. Ou plutôt si, pour avoir voulu faire respecter, par son futur bourreau, le droit de lui refuser l’entrée à une soirée privée.
N’écoutant que son courage, c’est avec une dizaine de ses semblables, que cet assassin a donné la mort à un homme, qui ne souhaitait ce soir là, que passer un excellent moment avec sa famille et ses amis.
Je lis « Après l’agression mortelle d’un DJ, la communauté antillaise en colère » (AFP). Se plaignant de l’absence de réaction de la classe politique : cela étonne encore ? L’affaire Guerlain n’est pourtant pas loin…
Deux poids deux mesures ?
Je rappellerai ici le meurtre du jeune Jean-Ronald d’Haïti, assassiné chez lui où jamais il ne pensa ne pas être en sécurité. Tué par une dizaine d’individus (mode opératoire très prisé par ce genre de personnes) dont certains courent encore. Là encore, il y a eu de la colère, mais quoi d’autre depuis ?
Nous vivons dans une société où exercer son droit à dire non, à se montrer courageux, à vouloir faire respecter ses droits, peut nous conduire à la mort directement, que vous soyez homme ou femme, jeune ou vieux, pour 10 ou 1000€, pour une voiture ou un regard… Les tortionnaires sont de sortie et ne craignent pas grand chose.
Et si on « ose » porter plainte et se défendre, c’est pour voir (trop souvent ?) l’individu (quand il est incarcéré), libéré par la justice qui vous abandonne ainsi à votre triste sort.
Et si jamais vous “osez” porter témoignage, c’est dos à la caméra de peur de représailles… C’est ainsi que témoigna, à ma grande tristesse, la veuve de Claudy lisor. Et si jamais vous voulez enquêter, vous êtes « gentiment éconduit » d’une partie du territoire, pourtant français, sans autre forme de procès.
Claudy E est mort pour rien et toutes nos pensées vont à sa famille.
J’espère que les assassins seront très rapidement trouvés, ou qu’ils feront enfin preuve de courage pour une fois dans leur vie, en se rendant à la police pour qu’ils soient jugés et condamnés.
En parlant de justice ? Je ne comprends pas l’existence des remises de peine pour ce genre de crimes, ainsi que pour les crimes sexuels et la pédophilie. Mieux que la peine de mort que d’aucun appelle de leur vœux, une vraie peine de prison ferme pourrait au moins donner le sentiment qu’on s’occupe des victimes et leurs familles avant de penser au bien-être de ce type de criminels… souvent récidivistes.
A William Modolo, Ilan Halimi, Jean-Ronald, Vy-Anh, Claudy Elisor… et tous les autres, morts dans des conditions atroces … pour rien.
K Clare

Commentaires sur: "Mort pour… rien" (1)
Lors d’une réunion de notre collectif associations Réunionnaises nous avons fait parvenir un message à la responsable de l’organisation du séminaire de lOutre Mer de la ville de Paris. Nous avons d’abord eu une pensée forte pour ce compatriote Claudy. Nous avons eu une pensée forte pour sa femme, ses enfants, sa famille et ses proches mais aussi pour tous les compatriotes guadeloupéens. Nous avons mandaté Généviève T. organisatrice de ce séminaire,d’être notre interprête auprès des responsables pour qu’un moment de silence soit observé.
Comme moi vous avez noté que le Président de La République n’a pas su trouver un moment pour exprimer sa compassion , sa condamnation devant un meutre ignoble, oui pas une seconde pour exprimer à Claudy, à ses enfants, à sa femme, à sa famille, à ses proches, aux guadeloupéens et à travers eux à toute la communautré de l’Outre Mer…en plus sur la terre natale de Claudy…oui pas un mot…quelques jours après lors du séminaire organisé par les responsables de la délégation de l’Outre Mer de la ville de Paris , à nouveau l’oubli. Oui l’oubli encore une fois.
Non. NON. Claudy ne méritait pas ça. Non, sa femme, ses enfants, sa famille et nous ces compatriotes …nous neméritons pas ça.
On entend “solidarité ultramarine” on entend…oui on entend …mais on ne voit rien à l’horizon.
Soyez assuré de mon dévouement Kréol.
Aimé TECHER Président de l’association A.O.M. et animateur d’un collectif.